Arts

Démarche Artistique

Qui je suis?
  • Originaire de Haute-Savoie
  • AuthenticitĂ©
  • Valeurs immatĂ©rielles
  • Valeurs de la simplicitĂ©, ouverture & l’hospitalitĂ©.
  • CuriositĂ©, modestie, partage
  • Souffrance, Envie, la crĂ©ativitĂ©
  • Les interrogations, la limite, la sensibilitĂ©
  • L’addiction
  • L’amour
  • La foi

Mode de fonctionnement

📁 RACINE_DEMARCHE_ARTISTIQUE/
├── 📂 – 01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiels
├── 📂 – 02 – Pictogrammes (Logo, Isotypes)
├── 📂 – 03 – Diagrammes (Plans, cartes, topologies)
├── 📂 – 04 – Codes (www)
├── 📂 – 05 – Prototypes (3D)
├── 📂 – 06 – Objets (P)

Lignes de recherches

01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiel

La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă  la maniĂšre d’un pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

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02 – Pictogrammes (Logo, Isotypes)

La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă  la maniĂšre d’un pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

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03 – Diagrammes (plans, cartes, topologies)

La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă  la maniĂšre d’un pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

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04 – Codes

La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă  la maniĂšre d’un pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

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05 – Prototype 3d

La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă  la maniĂšre d’un pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

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06 – Objets

La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă  la maniĂšre d’un pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

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01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiel

La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă  la maniĂšre d’un pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

02 – Pictogrammes (Logo, Isotypes)

La mise en espace conceptuelle. C’est la cartographie des flux et la modĂ©lisation du dispositif.

03 – Diagrammes (plans, cartes, topologies)

La mise en espace conceptuelle. C’est la cartographie des flux et la modĂ©lisation du dispositif.

04 – Codes (www)

L’Ă©criture de la rĂšgle du jeu. Le programme rĂ©git les opĂ©rations logicielles qui pilotent le sens.

05 – Prototypes (3D)

L’Ă©criture de la rĂšgle du jeu. Le programme rĂ©git les opĂ©rations logicielles qui pilotent le sens.

06 – Objet (P]

06 - Objets (P) : Le terme du processus — l’imprimĂ©, la sculpture mĂ©canique, la machine rĂ©elle (telle que celle composĂ©e de poulies, bandes perforĂ©es et papier soufflet).

Description des étapes du processus :


  • 02 - Pictogrammes (Logo, Isotypes) : La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă  la maniĂšre d’un pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.
  • 03 - Diagrammes (Plans, cartes, topologies) : La mise en espace conceptuelle. C’est la cartographie des flux et la modĂ©lisation du dispositif.
  • 04 - Codes (www) : L’Ă©criture de la rĂšgle du jeu. Le programme rĂ©git les opĂ©rations logicielles qui pilotent le sens.
  • 05 - Prototypes (3D) : La phase intermĂ©diaire oĂč la forme virtuelle commence Ă  peser, Ă  prendre du volume.
  • 06 - Objets (P) : Le terme du processus — l’imprimĂ©, la sculpture mĂ©canique, la machine rĂ©elle (telle que celle composĂ©e de poulies, bandes perforĂ©es et papier soufflet).

L’atelier

L’atelier, au sens Ă©tymologique et dans une acception Ă©largie, peut ĂȘtre rapprochĂ© de la notion de « stĂšle », entendue comme une surface d’inscription : un support oĂč viennent se dĂ©poser des traces, des gestes, des formes lorsque je coupe du bois, assemble du fer ou manipule de la terre. Il ne se rĂ©duit pas Ă  un simple lieu de production, mais devient un espace de mĂ©moire et de transformation, oĂč chaque intervention laisse une empreinte et reconfigure le lieu pour une future production.

Comme la stĂšle, qui conserve et rend visible ce qui a Ă©tĂ©, l’atelier accueille les processus, les essais, les hĂ©sitations, mais aussi les rebuts. Il est un lieu oĂč s’inscrit le travail dans sa durĂ©e, oĂč les gestes s’accumulent, se corrigent, se reprennent. Il matĂ©rialise une pensĂ©e en train de se faire, dans une dynamique ouverte et non linĂ©aire.

Ainsi envisagĂ©, l’atelier est moins un espace clos qu’un champ d’expĂ©rimentation, un support vivant oĂč s’articulent pratique et rĂ©flexion d’un lieu vivant. Il permet de donner forme Ă  des idĂ©es tout en conservant la trace de leur Ă©laboration, dans une continuitĂ© entre faire, observer et comprendre.

01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiel

L’étape de captation. Rassemblement du brut, des grilles d’observation psychologique, des donnĂ©es informatiques ou sociologiques.
L’oeuvre : la Machine comme Dispositif

Au croisement de l’informatique, de la psychologie, du travail social et de la pĂ©dagogie, ma pratique ne s’articule pas autour du simple objet esthĂ©tique, mais s’incarne dans un systĂšme global de production et de pensĂ©e : une machine vivante .

DĂ©finit sous le terme de dispositif — cet ensemble hĂ©tĂ©rogĂšne comprenant discours, institutions, amĂ©nagements architecturaux, dĂ©cisions rĂ©glementaires et structures logiques —, ma machine artistique reprĂ©sente un rĂ©seau de relations dynamiques. Elle reconfigure le rĂ©el, oriente les gestes et donne forme Ă  ce qui, autrement, demeurerait de l’ordre de l’informe ou du refoulĂ©.

Cette machine matĂ©rielle et numĂ©rique est une prothĂšse cognitive et relationnelle. Elle me permet de lier la matĂ©rialitĂ© physique (le carton, les engrenages, les bandes imprimĂ©es) Ă  l’immatĂ©rialitĂ© logique (le code, les bases de donnĂ©es, l’architecture informatique).

Ma dĂ©marche s’articule autour de la transformation des flux d’informations et des abstractions numĂ©riques en objets tangibles et visuels. À travers un processus rigoureux en 6 Ă©tapes clĂ©, j’explore le passage de l’intangible au matĂ©riel.

ÉpistĂ©mologie du Processus :
Du Flux de PensĂ©e Ă  l’Inscripteur Physique

Mon travail s’inscrit dans une Ă©pistĂ©mologie de l’engendrement, inspirĂ©e notamment de la psychanalyse de la crĂ©ation de Didier Anzieu (Le Corps de l’Ɠuvre) et de la thĂ©orie des enveloppes psychiques de RenĂ© KaĂ«s.

  • Le Corps de l’Ɠuvre (Anzieu) : Le travail crĂ©ateur traverse diffĂ©rentes phases : la saisie d’une idĂ©e brute, son Ă©laboration au sein d’un « Moi-peau » crĂ©atif, puis sa restitution sous forme de traces organisĂ©es. La machine est cet organe transitoire qui externalise les mouvements de l’appareil psychique.
  • L’Interpsychique et le Lien (KaĂ«s) : AncrĂ© dans le social et l’enseignement, mon processus intĂšgre le cadre institutionnel et la relation Ă  l’autre. La machine enregistre, canalise et retransmet le lien intersubjectif.

Le nutriment : architecture du Dispositif :

Du NumĂ©rique Ă  l’Objet

Georges Perec – Extrait de la machine

L’organisation logique de mon disque dur — matrice travaillĂ©e depuis plusieurs annĂ©es — reflĂšte scrupuleusement la trajectoire de matĂ©rialisation du processus crĂ©atif. Chaque dossier n’est pas un simple conteneur, mais un maillon dynamique du mĂ©canisme de transformation.

En m’inspirant de la poĂ©tique perecquienne du « trier / classer », le dispositif saisit le fragment brut Ă  son Ă©tat numĂ©rique le plus Ă©lĂ©mentaire pour l’acheminer, Ă©tape par Ă©tape, vers sa forme matĂ©rielle et incarnĂ©e.

4. La Machine comme Pédagogie de la Metis

En dĂ©finitive, ma dĂ©marche utilise la machine comme un espace tiers. Travailler le processus plutĂŽt que le produit unique permet d’expliciter les mĂ©canismes invisibles qui rĂ©gissent nos apprentissages, nos architectures numĂ©riques et nos constructions psychiques.

Il s’agit d’une tentative d’Ă©cologie du faire : oĂč l’informatique redevient artisanat (Ingold), oĂč la donnĂ©e redevient corps (Anzieu), et oĂč le dispositif, au lieu de nous assujettir, devient le théùtre de notre Ă©mancipation crĂ©ative.

L’Enveloppe de la donnĂ©e : Du Moi-Peau (Didier Anzieu) au Contenant de pensĂ©e

Dans ses travaux sur la clinique de la crĂ©ation, Didier Anzieu pose la notion de Moi-peau : une enveloppe psychique qui borde, contient et prĂ©serve le sujet face au chaos des excitations internes et externes. AppliquĂ©e Ă  l’acte crĂ©ateur, la matrice du tableur (Excel, grilles, lignes et colonnes) ne constitue pas un simple outil bureautique ou logistique, mais agit comme un contenant forme.

Avant que l’Ɠuvre ne s’incarne dans la matiĂšre, la donnĂ©e brute est une rĂ©alitĂ© informe, plĂ©thorique, voire anxiogĂšne par sa masse. L’acte de sĂ©rier, de classifier et d’aligner ces flux dans une grille numĂ©rique opĂšre une premiĂšre contention psychique. L’artiste tresse la « premiĂšre peau » du projet : une armature rigide mais souple, capable de contenir la pulsion crĂ©atrice et de la prĂ©munir contre la dispersion.

Objectif : Traduire des idées complexes en glyphes, logos ou isotypes compréhensibles, posant ainsi le langage visuel du projet.

La transformation du matériau brut :

SpĂ©cialiste de la mĂ©diation artistique et du processus crĂ©atif, j’analyse comment les formes et les dispositifs permettent la transformation des Ă©tats psychiques et des objets bruts en reprĂ©sentations symboliques. Selon sa lecture, la crĂ©ation nĂ©cessite un travail de mĂ©diation oĂč le « matĂ©riau brut » (ici, la donnĂ©e empirique, statistique ou textuelle) doit subir une premiĂšre dĂ©construction-reconstruction pour devenir traitable par l’imaginaire.

En saisissant la donnĂ©e dans un tableur, l’artiste opĂšre un travail de cadrage et de transformation. La grille Excel devient le cadre spatiotemporel Ă  l’intĂ©rieur duquel la donnĂ©e perd son statut d’information passive pour acquĂ©rir une valeur esthĂ©tique et potentielle. Ce n’est pas une comptabilitĂ© froide, mais un geste de saisie symbolique : choisir ce que l’on retient, inventer des critĂšres de tri, c’est dĂ©jĂ  façonner la matiĂšre premiĂšre d’une mythologie personnelle ou politique.

📁 RACINE_DEMARCHE_ARTISTIQUE/
│
├── 📂 – 01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiels
│ ├── 📄 DonnĂ©es brutes & Inventaires
│ ├── 📄 Statistiques & Mesures
│ └── 📄 Textes & Variables
│
├── 📂 – 02 – Pictogrammes (Logo, Isotypes)
│ ├── đŸ–Œïž Logos & Symboles
│ ├── đŸ–Œïž Isotypes
│ └── 🎹 IdentitĂ© visuelle du projet
│
├── 📂 – 03 – Diagrammes (Plans, cartes, topologies)
│ ├── 📐 Plans de masse
│ ├── đŸ—ș Cartes conceptuelles
│ └── đŸ•žïž Topologies & SchĂ©mas de flux
│
├── 📂 – 04 – Codes (www)
│ ├── đŸ’» Algorithmes
│ ├── 🌐 Scripts Web (HTML/CSS/JS)
│ └── ⚙ GĂ©nĂ©ration procĂ©durale
│
├── 📂 – 05 – Prototypes (3D)
│ ├── 🧊 ModĂ©lisations volumiques
│ ├── 📐 Simulations d’Ă©chelles & Textures
│ └── đŸ–šïž Fichiers pour fabrication numĂ©rique
│
├── 📂 – 06 – Objets (P)
│ ├── 🗿 Sculptures & Piùces physiques
│ ├── đŸ§© Assemblages
│ └── 📍 Installations finales
│
└── 📂 – 07 – Book – Edition et Visualisation
├── 📖 Éditions & Layouts
├── 📾 Photographies d’art & Documentation
└── 📑 Portfolio & MĂ©diation

3. Cartographie & Spatialisation (03 - Diagrammes (Plans, cartes, topologies))
  • L’Organisation Spatiale : Structuration des relations entre les donnĂ©es et les symboles.
  • Objectif : Concevoir des topologies, des plans de masse, des cartes conceptuelles ou des schĂ©mas de flux pour matĂ©rialiser les connexions et la circulation de l’information.

4. Algorithme & Interactivité (04 - Codes (www))
  • La Dynamique NumĂ©rique : Écriture des rĂšgles du jeu, programmation web et gĂ©nĂ©ration procĂ©durale.
  • Objectif : Donner de la vie aux concepts par le code, crĂ©er de l’interactivitĂ© ou des comportements gĂ©nĂ©ratifs qui rĂ©giront la forme finale.

5. Modélisation Spatiale (05 - Prototypes (3D))
  • La Simulation Volumique : Passage de la surface 2D ou du code abstrait au volume virtuel.
  • Objectif : Prototyper les formes dans un espace 3D, tester les Ă©chelles, les textures, les tensions et prĂ©parer le passage Ă  la fabrication matĂ©rielle.

6. Incarnation Plastique (06 - Objets (P))
  • La MatĂ©rialisation Finale : RĂ©alisation physique, fabrication numĂ©rique, impression, assemblage ou sculpture.
  • Objectif : Inscrire dĂ©finitivement l’idĂ©e dans le monde sensible sous la forme d’Ɠuvres ou d’objets finis Ă  expĂ©rimenter dans le rĂ©el.

📖 Prolongement : MĂ©diation & Archivage (07 - Book - Édition et Visualisation)

Pour conclure et faire rayonner ce parcours en 6 Ă©tapes, cette phase finale rassemble les Ă©preuves, la documentation, la photographie d’art et l’Ă©dition du book. Elle permet de conserver la mĂ©moire du processus et d’exposer la dĂ©marche au public.Mon travail d’artiste a Ă©tĂ© abandonnĂ© — du moins dans sa forme initiale. Devenu artisan, puis paysan, je m’inscris dĂ©sormais dans un rapport au sol, Ă  la fois concret et symbolique, Ă  la croisĂ©e des pratiques et des territoires. Nourri par la culture et par l’art, envisagĂ©s comme des nutriments essentiels — une alimentation continue, presque de premiĂšre nĂ©cessitĂ© —, ma curiositĂ© se dĂ©ploie dans l’exploration et se matĂ©rialise dans l’espace de mon atelier, lequel n’a cessĂ© de muter au fil du temps.

Mes axes de recherche — la mobilitĂ© (entendue comme une forme de sĂ©rendipitĂ©), l’art comme processus, et le monde de l’objet — trouvent un Ă©cho particulier dans la rĂ©flexion de Didier Anzieu sur le processus crĂ©ateur. Pour Anzieu, la crĂ©ation ne relĂšve pas d’un geste linĂ©aire ou maĂźtrisĂ©, mais d’un travail psychique traversĂ© par des phases d’émergence, de crise, de transformation et de reprise. Elle engage le sujet dans un rapport sensible Ă  la matiĂšre, oĂč l’Ɠuvre se constitue comme une enveloppe — un « Moi-peau » — venant contenir, organiser et donner forme Ă  des Ă©prouvĂ©s internes.

Dans cette perspective, l’atelier peut ĂȘtre pensĂ© comme l’extension matĂ©rielle de ce processus psychique : un espace contenant, oĂč les fragments, les tentatives et les accidents trouvent Ă  se dĂ©poser. La mobilitĂ© que je revendique — faite de dĂ©placements, de dĂ©tours et de dĂ©couvertes inattendues — rejoint cette logique de la crĂ©ation comme errance structurante. De mĂȘme, l’attention portĂ©e aux objets, Ă  leur transformation et Ă  leur rĂ©emploi, s’inscrit dans une dynamique oĂč le sens Ă©merge progressivement, au contact de la matiĂšre et du geste.

Loin d’une production finalisĂ©e et fermĂ©e, mon travail s’inscrit ainsi dans une continuitĂ© de processus, oĂč l’atelier devient Ă  la fois lieu, support et opĂ©rateur de pensĂ©e — un espace oĂč se tisse, Ă  travers l’expĂ©rience, une forme de connaissance incarnĂ©e.


Ma sérendipité

Mon parcours, bien qu’éloignĂ© de mes formations initiales en Ă©coles d’art, est ici revendiquĂ© comme une expĂ©rience fĂ©conde Ă  la recherche du lien et de la rencontre Ă  autrui. Il a contribuĂ© Ă  redĂ©finir ce que peut ĂȘtre une libre expression, d’assoir mon asise narcissique au regard de ma sensibilitĂ© et de mon rapport quotidien au traitement de l’information.

Cet apprentissage a avant tout Ă©veillĂ© ma curiositĂ© et affinĂ© mon processus de symbolisation ma dĂ©finition personnelle de la culture, entendue dans son sens premier : celui d’un processus de transformation et d’attention au monde.

Dans cette perspective, Jean-Jacques Rousseau constitue un point d’entrĂ©e significatif. En amont mĂȘme de son Ɠuvre, son parcours — de la Suisse alĂ©manique au RhĂŽne, en passant par les Alpes — vient se superposer au mien : une naissance dans les Alpes, des Ă©tudes Ă  proximitĂ© de ce mĂȘme lac, puis des dĂ©placements, des marches, jusqu’à mon ancrage actuel Ă  Lyon. Les paysages qu’il dĂ©crit, ses rĂ©cits de promenade, son goĂ»t pour les plantes, ainsi que ses interrogations sur la religion, le politique et l’éducation, dessinent autant de territoires qui m’ont permis d’entrer, modestement, dans le champ de la littĂ©rature et de la philosophie.

C’est d’ailleurs au lycĂ©e, face Ă  ce lac, vue sur Lausanne, qu’un enseignant de français nous interrogea sur ce que nous avions retenu de son Ɠuvre. La veille, avec une certaine ironie, un camarade d’internat m’avait ressorti le mĂȘme cours que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente et m’avait montrĂ© un schĂ©ma que le professeur avait dessinĂ© Ă  la craie sur le tableau noir : il y reprĂ©sentait Rousseau allant d’un point A Ă  un point B, mais en dĂ©ambulant, selon une trajectoire non linĂ©aire.

En ressortant ce schĂ©ma en classe, non sans une forme de fiertĂ© un peu feinte, je tentais de dissimuler le fait que je n’avais pas lu l’ouvrage. C’est pourtant ainsi, de maniĂšre dĂ©tournĂ©e, que je dĂ©couvris Rousseau — comme une premiĂšre Ă©nigme.

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La Rencontre (Bonjour Monsieur Courbet), peinte en 1854

Cette attention aux processus peut ĂȘtre lue Ă  travers le modĂšle du « corps de l’Ɠuvre » de Didier Anzieu. L’artiste transforme l’éprouvĂ© en formes partageables, ses dispositifs opĂ©rant comme des enveloppes contenantes. Les Ɠuvres apparaissent comme des espaces d’activation, ouvertes Ă  l’interaction et Ă  la circulation, dans la continuitĂ© du Net Art, Ă  l’instar de Claude Closky ou Nicolas Frespech.

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L’art comme processus : Machine wich seem to think

Dans une perspective post-humaniste et cybernĂ©tique, Donna Haraway1 Ă©claire cette dĂ©marche. Son travail invite Ă  penser les hybridations entre humains, machines et systĂšmes, oĂč le geste artistique devient une articulation situĂ©e entre technique, social et imaginaire.

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L’art comme Ă©piphanie du fragment

Puis je vais ensuite rebondir trĂšs largement beaucoup plus tard avec mes dĂ©buts aux beaux-arts de Lyon ou je dĂ©couvris deux auteurs en philosophie : le premier coup de coeur est sans aucun doute Walter benjamin et son livreSens Unique. C’est probablement Ă  cette pĂ©riode que je me suis rĂ©ellement mis Ă  lire. Je me suis senti absorber par l’ouvrage.

Puis c’est au tour de Gilles Deleuze de venir s’introduire dans ma pensĂ©e

À travers le ready-made, il opĂšre un dĂ©placement dĂ©cisif : l’Ɠuvre ne rĂ©side plus uniquement dans sa fabrication, mais dans le geste de sĂ©lection, de nomination et de mise en contexte. Cette approche entre en rĂ©sonance avec ma pratique et plus prĂ©cisĂ©ment dans la dimension de la performativitĂ© et le signe. , qui interroge aujourd’hui la rĂ©ception et la production contemporaines des flux d’images et de donnĂ©es, en confĂ©rant Ă  l’ordinaire une puissance critique et symbolique renouvelĂ©e.

L’artiste n’est plus seulement un producteur d’objets, mais un opĂ©rateur au sein de rĂ©seaux complexes, traversĂ© par des logiques d’interconnexion et de co-construction. C’est dans ce prolongement que les apports de Friedrich Kittler et de l’archĂ©ologie des mĂ©dias viennent approfondir la rĂ©flexion. En mettant au jour les conditions techniques de production, de stockage et de transmission des discours, Kittler dĂ©centre l’attention de l’humain vers les dispositifs eux-mĂȘmes. Les mĂ©dias ne sont plus de simples supports neutres, mais des structures actives qui dĂ©terminent ce qui peut ĂȘtre dit, vu et pensĂ©.


L’objet de l’art et la poĂ©sie

Ainsi, ma pratique peut ĂȘtre envisagĂ©e comme une forme d’archĂ©ologie situĂ©e : elle explore les strates techniques et culturelles qui sous-tendent les flux contemporains, tout en rĂ©vĂ©lant les infrastructures invisibles qui organisent notre rapport au rĂ©el. Le travail artistique devient alors une opĂ©ration de mise en visibilitĂ© — non seulement des images et des objets, mais aussi des systĂšmes, des protocoles et des logiques computationnelles qui les produisent.

Dans cette perspective, l’ordinaire n’est plus un simple donnĂ©, mais un terrain d’investigation critique. Il s’agit d’en rĂ©vĂ©ler les mĂ©diations, d’en perturber les Ă©vidences et d’en reconfigurer les usages, afin d’ouvrir des espaces de rĂ©flexion et d’expĂ©rience au sein mĂȘme du quotidien.

L’influence de l’Oulipo, et de Georges Perec et Jacques Roubaud,
se manifeste dans l’usage de protocoles, partitions et contraintes comme matrices crĂ©atives. Les routines, gestes et dĂ©tails du quotidien deviennent matiĂšre Ă  structurer et transformer, entre code, Ă©criture et exĂ©cution.

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Bibliographie

  • Le corps de l’Ɠuvre – Didier Anzieu
    → Ouvrage fondamental : la crĂ©ation est pensĂ©e comme prolongement du corps psychique, l’Ɠuvre faisant fonction d’enveloppe de substitution en lien avec le Moi-peau.
  • Le Moi-peau
    → Concept central pour comprendre la crĂ©ation comme fonction contenante et transformante des Ă©prouvĂ©s corporels et psychiques.
  • Sigmund Freud – CrĂ©ation littĂ©raire et rĂȘve Ă©veillĂ©
    → La crĂ©ation comme satisfaction substitutive du dĂ©sir.
  • Donald Winnicott – Jeu et rĂ©alitĂ©
    → Introduction de l’espace transitionnel, essentiel pour penser l’art comme aire intermĂ©diaire entre rĂ©alitĂ© interne et externe.

2. Médiations thérapeutiques et clinique du processus

  • MĂ©diations thĂ©rapeutiques et psychose infantile – Anne Brun
    → Les mĂ©diations (dessin, peinture
) comme supports de symbolisation primaire, notamment dans les cliniques limites.
  • Les mĂ©diations thĂ©rapeutiques
    → La mĂ©diation comme espace de transformation des traces sensorielles et affectives non symbolisĂ©es.
  • RenĂ© Roussillon – Le jeu et l’entre-je(u)
    → Le processus crĂ©atif comme travail de symbolisation Ă  partir du sensoriel et de l’acte.

  • Les thĂ©ories psychanalytiques du groupe – RenĂ© KaĂ«s
    → L’acte crĂ©atif en groupe comme production intersubjective, soutenue par des formations psychiques partagĂ©es.
  • Le groupe et l’inconscient
    → Notion d’enveloppe psychique groupale, particuliùrement pertinente pour penser les ateliers artistiques institutionnels.

Jean-Pierre Klein – L’art-thĂ©rapie
→ Approche clinique des dispositifs artistiques comme outils de soin et de transformation psychique.

  • Edith Kramer – Art as Therapy with Children
    → Le processus crĂ©atif est en lui-mĂȘme thĂ©rapeutique, indĂ©pendamment de toute interprĂ©tation.

  • La violence de l’interprĂ©tation – Piera Aulagnier
    → Concept de processus originaire et de pictogramme, Ă©clairant la dimension prĂ©-symbolique de la crĂ©ation.
  • L’individuation Ă  la lumiĂšre des notions de forme et d’information – Gilbert Simondon
    → Le processus crĂ©atif comme processus d’individuation, oĂč la forme Ă©merge d’un fond prĂ©-individuel.

Axes de lecture transversaux

Cette bibliographie permet d’articuler plusieurs lignes fortes :

  • L’Ɠuvre comme enveloppe psychique (Anzieu)
  • La mĂ©diation comme espace de symbolisation primaire (Brun, Roussillon)
  • Le processus crĂ©atif comme aire transitionnelle (Winnicott)
  • La crĂ©ation comme production intersubjective (KaĂ«s)
  • Le corps et le sensoriel comme origine de la forme (Aulagnier, Simondon)

  1. La manifeste Cyborg – Donna Haraway ↩

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