
Démarche Artistique
Qui je suis?
- Originaire de Haute-Savoie
- Authenticité
- Valeurs immatérielles
- Valeurs de la simplicitĂ©, ouverture & l’hospitalitĂ©.
- Curiosité, modestie, partage
- Souffrance, Envie, la créativité
- Les interrogations, la limite, la sensibilité
- L’addiction
- L’amour
- La foi
Mode de fonctionnement
đ RACINE_DEMARCHE_ARTISTIQUE/
âââ đ – 01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiels
âââ đ – 02 – Pictogrammes (Logo, Isotypes)
âââ đ – 03 – Diagrammes (Plans, cartes, topologies)
âââ đ – 04 – Codes (www)
âââ đ – 05 – Prototypes (3D)
âââ đ – 06 – Objets (P)
Lignes de recherches

01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiel
La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă la maniĂšre dâun pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.


02 – Pictogrammes (Logo, Isotypes)
La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă la maniĂšre dâun pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.


03 – Diagrammes (plans, cartes, topologies)
La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă la maniĂšre dâun pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

04 – Codes
La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă la maniĂšre dâun pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.


05 – Prototype 3d
La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă la maniĂšre dâun pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.


06 – Objets
La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă la maniĂšre dâun pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiel
La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă la maniĂšre dâun pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.

02 – Pictogrammes (Logo, Isotypes)
La mise en espace conceptuelle. C’est la cartographie des flux et la modĂ©lisation du dispositif.

03 – Diagrammes (plans, cartes, topologies)
La mise en espace conceptuelle. C’est la cartographie des flux et la modĂ©lisation du dispositif.

04 – Codes (www)
L’Ă©criture de la rĂšgle du jeu. Le programme rĂ©git les opĂ©rations logicielles qui pilotent le sens.

05 – Prototypes (3D)
L’Ă©criture de la rĂšgle du jeu. Le programme rĂ©git les opĂ©rations logicielles qui pilotent le sens.

06 – Objet (P]
06 - Objets (P) : Le terme du processus â l’imprimĂ©, la sculpture mĂ©canique, la machine rĂ©elle (telle que celle composĂ©e de poulies, bandes perforĂ©es et papier soufflet).




Description des étapes du processus :


02 - Pictogrammes (Logo, Isotypes): La condensation visuelle. L’information se transforme en signe, Ă la maniĂšre dâun pictogramme ou d’un symptĂŽme visuel.03 - Diagrammes (Plans, cartes, topologies): La mise en espace conceptuelle. C’est la cartographie des flux et la modĂ©lisation du dispositif.04 - Codes (www): L’Ă©criture de la rĂšgle du jeu. Le programme rĂ©git les opĂ©rations logicielles qui pilotent le sens.05 - Prototypes (3D): La phase intermĂ©diaire oĂč la forme virtuelle commence Ă peser, Ă prendre du volume.06 - Objets (P): Le terme du processus â l’imprimĂ©, la sculpture mĂ©canique, la machine rĂ©elle (telle que celle composĂ©e de poulies, bandes perforĂ©es et papier soufflet).
L’atelier
Lâatelier, au sens Ă©tymologique et dans une acception Ă©largie, peut ĂȘtre rapprochĂ© de la notion de « stĂšle », entendue comme une surface dâinscription : un support oĂč viennent se dĂ©poser des traces, des gestes, des formes lorsque je coupe du bois, assemble du fer ou manipule de la terre. Il ne se rĂ©duit pas Ă un simple lieu de production, mais devient un espace de mĂ©moire et de transformation, oĂč chaque intervention laisse une empreinte et reconfigure le lieu pour une future production.
Comme la stĂšle, qui conserve et rend visible ce qui a Ă©tĂ©, lâatelier accueille les processus, les essais, les hĂ©sitations, mais aussi les rebuts. Il est un lieu oĂč sâinscrit le travail dans sa durĂ©e, oĂč les gestes sâaccumulent, se corrigent, se reprennent. Il matĂ©rialise une pensĂ©e en train de se faire, dans une dynamique ouverte et non linĂ©aire.
Ainsi envisagĂ©, lâatelier est moins un espace clos quâun champ dâexpĂ©rimentation, un support vivant oĂč sâarticulent pratique et rĂ©flexion d’un lieu vivant. Il permet de donner forme Ă des idĂ©es tout en conservant la trace de leur Ă©laboration, dans une continuitĂ© entre faire, observer et comprendre.
01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiel
LâĂ©tape de captation. Rassemblement du brut, des grilles d’observation psychologique, des donnĂ©es informatiques ou sociologiques.



L’oeuvre : la Machine comme Dispositif
Au croisement de lâinformatique, de la psychologie, du travail social et de la pĂ©dagogie, ma pratique ne sâarticule pas autour du simple objet esthĂ©tique, mais sâincarne dans un systĂšme global de production et de pensĂ©e : une machine vivante .
DĂ©finit sous le terme de dispositif â cet ensemble hĂ©tĂ©rogĂšne comprenant discours, institutions, amĂ©nagements architecturaux, dĂ©cisions rĂ©glementaires et structures logiques â, ma machine artistique reprĂ©sente un rĂ©seau de relations dynamiques. Elle reconfigure le rĂ©el, oriente les gestes et donne forme Ă ce qui, autrement, demeurerait de lâordre de lâinforme ou du refoulĂ©.
Cette machine matĂ©rielle et numĂ©rique est une prothĂšse cognitive et relationnelle. Elle me permet de lier la matĂ©rialitĂ© physique (le carton, les engrenages, les bandes imprimĂ©es) Ă l’immatĂ©rialitĂ© logique (le code, les bases de donnĂ©es, l’architecture informatique).
Ma dĂ©marche s’articule autour de la transformation des flux d’informations et des abstractions numĂ©riques en objets tangibles et visuels. Ă travers un processus rigoureux en 6 Ă©tapes clĂ©, j’explore le passage de l’intangible au matĂ©riel.
ĂpistĂ©mologie du Processus :
Du Flux de PensĂ©e Ă lâInscripteur Physique
Mon travail sâinscrit dans une Ă©pistĂ©mologie de lâengendrement, inspirĂ©e notamment de la psychanalyse de la crĂ©ation de Didier Anzieu (Le Corps de l’Ćuvre) et de la thĂ©orie des enveloppes psychiques de RenĂ© KaĂ«s.
- Le Corps de lâĆuvre (Anzieu) : Le travail crĂ©ateur traverse diffĂ©rentes phases : la saisie dâune idĂ©e brute, son Ă©laboration au sein dâun « Moi-peau » crĂ©atif, puis sa restitution sous forme de traces organisĂ©es. La machine est cet organe transitoire qui externalise les mouvements de l’appareil psychique.
- LâInterpsychique et le Lien (KaĂ«s) : AncrĂ© dans le social et lâenseignement, mon processus intĂšgre le cadre institutionnel et la relation Ă lâautre. La machine enregistre, canalise et retransmet le lien intersubjectif.
Le nutriment : architecture du Dispositif :
Du NumĂ©rique Ă lâObjet

Lâorganisation logique de mon disque dur â matrice travaillĂ©e depuis plusieurs annĂ©es â reflĂšte scrupuleusement la trajectoire de matĂ©rialisation du processus crĂ©atif. Chaque dossier n’est pas un simple conteneur, mais un maillon dynamique du mĂ©canisme de transformation.
En m’inspirant de la poĂ©tique perecquienne du « trier / classer », le dispositif saisit le fragment brut Ă son Ă©tat numĂ©rique le plus Ă©lĂ©mentaire pour l’acheminer, Ă©tape par Ă©tape, vers sa forme matĂ©rielle et incarnĂ©e.
4. La Machine comme Pédagogie de la Metis
En dĂ©finitive, ma dĂ©marche utilise la machine comme un espace tiers. Travailler le processus plutĂŽt que le produit unique permet dâexpliciter les mĂ©canismes invisibles qui rĂ©gissent nos apprentissages, nos architectures numĂ©riques et nos constructions psychiques.
Il s’agit d’une tentative d’Ă©cologie du faire : oĂč l’informatique redevient artisanat (Ingold), oĂč la donnĂ©e redevient corps (Anzieu), et oĂč le dispositif, au lieu de nous assujettir, devient le théùtre de notre Ă©mancipation crĂ©ative.
L’Enveloppe de la donnĂ©e : Du Moi-Peau (Didier Anzieu) au Contenant de pensĂ©e
Dans ses travaux sur la clinique de la crĂ©ation, Didier Anzieu pose la notion de Moi-peau : une enveloppe psychique qui borde, contient et prĂ©serve le sujet face au chaos des excitations internes et externes. AppliquĂ©e Ă lâacte crĂ©ateur, la matrice du tableur (Excel, grilles, lignes et colonnes) ne constitue pas un simple outil bureautique ou logistique, mais agit comme un contenant forme.
Avant que l’Ćuvre ne s’incarne dans la matiĂšre, la donnĂ©e brute est une rĂ©alitĂ© informe, plĂ©thorique, voire anxiogĂšne par sa masse. Lâacte de sĂ©rier, de classifier et dâaligner ces flux dans une grille numĂ©rique opĂšre une premiĂšre contention psychique. Lâartiste tresse la « premiĂšre peau » du projet : une armature rigide mais souple, capable de contenir la pulsion crĂ©atrice et de la prĂ©munir contre la dispersion.
Objectif : Traduire des idées complexes en glyphes, logos ou isotypes compréhensibles, posant ainsi le langage visuel du projet.
La transformation du matériau brut :
SpĂ©cialiste de la mĂ©diation artistique et du processus crĂ©atif, j’analyse comment les formes et les dispositifs permettent la transformation des Ă©tats psychiques et des objets bruts en reprĂ©sentations symboliques. Selon sa lecture, la crĂ©ation nĂ©cessite un travail de mĂ©diation oĂč le « matĂ©riau brut » (ici, la donnĂ©e empirique, statistique ou textuelle) doit subir une premiĂšre dĂ©construction-reconstruction pour devenir traitable par l’imaginaire.
En saisissant la donnĂ©e dans un tableur, l’artiste opĂšre un travail de cadrage et de transformation. La grille Excel devient le cadre spatiotemporel Ă l’intĂ©rieur duquel la donnĂ©e perd son statut d’information passive pour acquĂ©rir une valeur esthĂ©tique et potentielle. Ce n’est pas une comptabilitĂ© froide, mais un geste de saisie symbolique : choisir ce que l’on retient, inventer des critĂšres de tri, c’est dĂ©jĂ façonner la matiĂšre premiĂšre d’une mythologie personnelle ou politique.
đ RACINE_DEMARCHE_ARTISTIQUE/
â
âââ đ – 01 – DonnĂ©es, Tableau & rĂ©fĂ©rentiels
â âââ đ DonnĂ©es brutes & Inventaires
â âââ đ Statistiques & Mesures
â âââ đ Textes & Variables
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âââ đ – 02 – Pictogrammes (Logo, Isotypes)
â âââ đŒïž Logos & Symboles
â âââ đŒïž Isotypes
â âââ đš IdentitĂ© visuelle du projet
â
âââ đ – 03 – Diagrammes (Plans, cartes, topologies)
â âââ đ Plans de masse
â âââ đșïž Cartes conceptuelles
â âââ đžïž Topologies & SchĂ©mas de flux
â
âââ đ – 04 – Codes (www)
â âââ đ» Algorithmes
â âââ đ Scripts Web (HTML/CSS/JS)
â âââ âïž GĂ©nĂ©ration procĂ©durale
â
âââ đ – 05 – Prototypes (3D)
â âââ đ§ ModĂ©lisations volumiques
â âââ đ Simulations d’Ă©chelles & Textures
â âââ đšïž Fichiers pour fabrication numĂ©rique
â
âââ đ – 06 – Objets (P)
â âââ đż Sculptures & PiĂšces physiques
â âââ đ§© Assemblages
â âââ đ Installations finales
â
âââ đ – 07 – Book – Edition et Visualisation
âââ đ Ăditions & Layouts
âââ đž Photographies d’art & Documentation
âââ đ Portfolio & MĂ©diation
3. Cartographie & Spatialisation (03 - Diagrammes (Plans, cartes, topologies))
- L’Organisation Spatiale : Structuration des relations entre les donnĂ©es et les symboles.
- Objectif : Concevoir des topologies, des plans de masse, des cartes conceptuelles ou des schĂ©mas de flux pour matĂ©rialiser les connexions et la circulation de l’information.
4. Algorithme & Interactivité (04 - Codes (www))
- La Dynamique NumĂ©rique : Ăcriture des rĂšgles du jeu, programmation web et gĂ©nĂ©ration procĂ©durale.
- Objectif : Donner de la vie aux concepts par le code, crĂ©er de l’interactivitĂ© ou des comportements gĂ©nĂ©ratifs qui rĂ©giront la forme finale.
5. Modélisation Spatiale (05 - Prototypes (3D))
- La Simulation Volumique : Passage de la surface 2D ou du code abstrait au volume virtuel.
- Objectif : Prototyper les formes dans un espace 3D, tester les échelles, les textures, les tensions et préparer le passage à la fabrication matérielle.
6. Incarnation Plastique (06 - Objets (P))
- La Matérialisation Finale : Réalisation physique, fabrication numérique, impression, assemblage ou sculpture.
- Objectif : Inscrire dĂ©finitivement l’idĂ©e dans le monde sensible sous la forme d’Ćuvres ou d’objets finis Ă expĂ©rimenter dans le rĂ©el.
đ Prolongement : MĂ©diation & Archivage (07 - Book - Ădition et Visualisation)
Pour conclure et faire rayonner ce parcours en 6 Ă©tapes, cette phase finale rassemble les Ă©preuves, la documentation, la photographie d’art et l’Ă©dition du book. Elle permet de conserver la mĂ©moire du processus et d’exposer la dĂ©marche au public.Mon travail dâartiste a Ă©tĂ© abandonnĂ© â du moins dans sa forme initiale. Devenu artisan, puis paysan, je mâinscris dĂ©sormais dans un rapport au sol, Ă la fois concret et symbolique, Ă la croisĂ©e des pratiques et des territoires. Nourri par la culture et par lâart, envisagĂ©s comme des nutriments essentiels â une alimentation continue, presque de premiĂšre nĂ©cessitĂ© â, ma curiositĂ© se dĂ©ploie dans lâexploration et se matĂ©rialise dans lâespace de mon atelier, lequel nâa cessĂ© de muter au fil du temps.
Mes axes de recherche â la mobilitĂ© (entendue comme une forme de sĂ©rendipitĂ©), lâart comme processus, et le monde de lâobjet â trouvent un Ă©cho particulier dans la rĂ©flexion de Didier Anzieu sur le processus crĂ©ateur. Pour Anzieu, la crĂ©ation ne relĂšve pas dâun geste linĂ©aire ou maĂźtrisĂ©, mais dâun travail psychique traversĂ© par des phases dâĂ©mergence, de crise, de transformation et de reprise. Elle engage le sujet dans un rapport sensible Ă la matiĂšre, oĂč lâĆuvre se constitue comme une enveloppe â un « Moi-peau » â venant contenir, organiser et donner forme Ă des Ă©prouvĂ©s internes.
Dans cette perspective, lâatelier peut ĂȘtre pensĂ© comme lâextension matĂ©rielle de ce processus psychique : un espace contenant, oĂč les fragments, les tentatives et les accidents trouvent Ă se dĂ©poser. La mobilitĂ© que je revendique â faite de dĂ©placements, de dĂ©tours et de dĂ©couvertes inattendues â rejoint cette logique de la crĂ©ation comme errance structurante. De mĂȘme, lâattention portĂ©e aux objets, Ă leur transformation et Ă leur rĂ©emploi, sâinscrit dans une dynamique oĂč le sens Ă©merge progressivement, au contact de la matiĂšre et du geste.
Loin dâune production finalisĂ©e et fermĂ©e, mon travail sâinscrit ainsi dans une continuitĂ© de processus, oĂč lâatelier devient Ă la fois lieu, support et opĂ©rateur de pensĂ©e â un espace oĂč se tisse, Ă travers lâexpĂ©rience, une forme de connaissance incarnĂ©e.
Ma sérendipité
Mon parcours, bien quâĂ©loignĂ© de mes formations initiales en Ă©coles dâart, est ici revendiquĂ© comme une expĂ©rience fĂ©conde Ă la recherche du lien et de la rencontre Ă autrui. Il a contribuĂ© Ă redĂ©finir ce que peut ĂȘtre une libre expression, d’assoir mon asise narcissique au regard de ma sensibilitĂ© et de mon rapport quotidien au traitement de lâinformation.
Cet apprentissage a avant tout Ă©veillĂ© ma curiositĂ© et affinĂ© mon processus de symbolisation ma dĂ©finition personnelle de la culture, entendue dans son sens premier : celui dâun processus de transformation et dâattention au monde.
Dans cette perspective, Jean-Jacques Rousseau constitue un point dâentrĂ©e significatif. En amont mĂȘme de son Ćuvre, son parcours â de la Suisse alĂ©manique au RhĂŽne, en passant par les Alpes â vient se superposer au mien : une naissance dans les Alpes, des Ă©tudes Ă proximitĂ© de ce mĂȘme lac, puis des dĂ©placements, des marches, jusquâĂ mon ancrage actuel Ă Lyon. Les paysages quâil dĂ©crit, ses rĂ©cits de promenade, son goĂ»t pour les plantes, ainsi que ses interrogations sur la religion, le politique et lâĂ©ducation, dessinent autant de territoires qui mâont permis dâentrer, modestement, dans le champ de la littĂ©rature et de la philosophie.
Câest dâailleurs au lycĂ©e, face Ă ce lac, vue sur Lausanne, quâun enseignant de français nous interrogea sur ce que nous avions retenu de son Ćuvre. La veille, avec une certaine ironie, un camarade dâinternat mâavait ressorti le mĂȘme cours que lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente et mâavait montrĂ© un schĂ©ma que le professeur avait dessinĂ© Ă la craie sur le tableau noir : il y reprĂ©sentait Rousseau allant dâun point A Ă un point B, mais en dĂ©ambulant, selon une trajectoire non linĂ©aire.
En ressortant ce schĂ©ma en classe, non sans une forme de fiertĂ© un peu feinte, je tentais de dissimuler le fait que je nâavais pas lu lâouvrage. Câest pourtant ainsi, de maniĂšre dĂ©tournĂ©e, que je dĂ©couvris Rousseau â comme une premiĂšre Ă©nigme.

Cette attention aux processus peut ĂȘtre lue Ă travers le modĂšle du «âŻcorps de lâĆuvreâŻÂ» de Didier Anzieu. Lâartiste transforme lâĂ©prouvĂ© en formes partageables, ses dispositifs opĂ©rant comme des enveloppes contenantes. Les Ćuvres apparaissent comme des espaces dâactivation, ouvertes Ă lâinteraction et Ă la circulation, dans la continuitĂ© du Net Art, Ă lâinstar de Claude Closky ou Nicolas Frespech.
L’art comme processus : Machine wich seem to think
Dans une perspective post-humaniste et cybernĂ©tique, Donna Haraway1 Ă©claire cette dĂ©marche. Son travail invite Ă penser les hybridations entre humains, machines et systĂšmes, oĂč le geste artistique devient une articulation situĂ©e entre technique, social et imaginaire.

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L’art comme Ă©piphanie du fragment
Puis je vais ensuite rebondir trĂšs largement beaucoup plus tard avec mes dĂ©buts aux beaux-arts de Lyon ou je dĂ©couvris deux auteurs en philosophie : le premier coup de coeur est sans aucun doute Walter benjamin et son livreSens Unique. C’est probablement Ă cette pĂ©riode que je me suis rĂ©ellement mis Ă lire. Je me suis senti absorber par l’ouvrage.
Puis c’est au tour de Gilles Deleuze de venir s’introduire dans ma pensĂ©e
Ă travers le ready-made, il opĂšre un dĂ©placement dĂ©cisif : lâĆuvre ne rĂ©side plus uniquement dans sa fabrication, mais dans le geste de sĂ©lection, de nomination et de mise en contexte. Cette approche entre en rĂ©sonance avec ma pratique et plus prĂ©cisĂ©ment dans la dimension de la performativitĂ© et le signe. , qui interroge aujourdâhui la rĂ©ception et la production contemporaines des flux dâimages et de donnĂ©es, en confĂ©rant Ă lâordinaire une puissance critique et symbolique renouvelĂ©e.
Lâartiste nâest plus seulement un producteur dâobjets, mais un opĂ©rateur au sein de rĂ©seaux complexes, traversĂ© par des logiques dâinterconnexion et de co-construction. Câest dans ce prolongement que les apports de Friedrich Kittler et de lâarchĂ©ologie des mĂ©dias viennent approfondir la rĂ©flexion. En mettant au jour les conditions techniques de production, de stockage et de transmission des discours, Kittler dĂ©centre lâattention de lâhumain vers les dispositifs eux-mĂȘmes. Les mĂ©dias ne sont plus de simples supports neutres, mais des structures actives qui dĂ©terminent ce qui peut ĂȘtre dit, vu et pensĂ©.
L’objet de l’art et la poĂ©sie
Ainsi, ma pratique peut ĂȘtre envisagĂ©e comme une forme dâarchĂ©ologie situĂ©e : elle explore les strates techniques et culturelles qui sous-tendent les flux contemporains, tout en rĂ©vĂ©lant les infrastructures invisibles qui organisent notre rapport au rĂ©el. Le travail artistique devient alors une opĂ©ration de mise en visibilitĂ© â non seulement des images et des objets, mais aussi des systĂšmes, des protocoles et des logiques computationnelles qui les produisent.
Dans cette perspective, lâordinaire nâest plus un simple donnĂ©, mais un terrain dâinvestigation critique. Il sâagit dâen rĂ©vĂ©ler les mĂ©diations, dâen perturber les Ă©vidences et dâen reconfigurer les usages, afin dâouvrir des espaces de rĂ©flexion et dâexpĂ©rience au sein mĂȘme du quotidien.
Lâinfluence de lâOulipo, et de Georges Perec et Jacques Roubaud,
se manifeste dans lâusage de protocoles, partitions et contraintes comme matrices crĂ©atives. Les routines, gestes et dĂ©tails du quotidien deviennent matiĂšre Ă structurer et transformer, entre code, Ă©criture et exĂ©cution.
Bibliographie
1. Psychanalyse de la création et processus artistique
- Le corps de l’Ćuvre â Didier Anzieu
â Ouvrage fondamental : la crĂ©ation est pensĂ©e comme prolongement du corps psychique, lâĆuvre faisant fonction dâenveloppe de substitution en lien avec le Moi-peau. - Le Moi-peau
â Concept central pour comprendre la crĂ©ation comme fonction contenante et transformante des Ă©prouvĂ©s corporels et psychiques. - Sigmund Freud â CrĂ©ation littĂ©raire et rĂȘve Ă©veillĂ©
â La crĂ©ation comme satisfaction substitutive du dĂ©sir. - Donald Winnicott â Jeu et rĂ©alitĂ©
â Introduction de lâespace transitionnel, essentiel pour penser lâart comme aire intermĂ©diaire entre rĂ©alitĂ© interne et externe.

2. Médiations thérapeutiques et clinique du processus
- MĂ©diations thĂ©rapeutiques et psychose infantile â Anne Brun
â Les mĂ©diations (dessin, peintureâŠ) comme supports de symbolisation primaire, notamment dans les cliniques limites. - Les mĂ©diations thĂ©rapeutiques
â La mĂ©diation comme espace de transformation des traces sensorielles et affectives non symbolisĂ©es. - RenĂ© Roussillon â Le jeu et lâentre-je(u)
â Le processus crĂ©atif comme travail de symbolisation Ă partir du sensoriel et de lâacte.

3. Groupe, institution et création
- Les thĂ©ories psychanalytiques du groupe â RenĂ© KaĂ«s
â Lâacte crĂ©atif en groupe comme production intersubjective, soutenue par des formations psychiques partagĂ©es. - Le groupe et lâinconscient
â Notion dâenveloppe psychique groupale, particuliĂšrement pertinente pour penser les ateliers artistiques institutionnels.

4. Art-thérapie et pratiques cliniques
Jean-Pierre Klein â Lâart-thĂ©rapie
â Approche clinique des dispositifs artistiques comme outils de soin et de transformation psychique.
- Edith Kramer â Art as Therapy with Children
â Le processus crĂ©atif est en lui-mĂȘme thĂ©rapeutique, indĂ©pendamment de toute interprĂ©tation.
5. Corps, sensorialité et figuratio

- La violence de lâinterprĂ©tation â Piera Aulagnier
â Concept de processus originaire et de pictogramme, Ă©clairant la dimension prĂ©-symbolique de la crĂ©ation. - Lâindividuation Ă la lumiĂšre des notions de forme et dâinformation â Gilbert Simondon
â Le processus crĂ©atif comme processus dâindividuation, oĂč la forme Ă©merge dâun fond prĂ©-individuel.
Axes de lecture transversaux
Cette bibliographie permet dâarticuler plusieurs lignes fortes :
- LâĆuvre comme enveloppe psychique (Anzieu)
- La médiation comme espace de symbolisation primaire (Brun, Roussillon)
- Le processus créatif comme aire transitionnelle (Winnicott)
- La création comme production intersubjective (Kaës)
- Le corps et le sensoriel comme origine de la forme (Aulagnier, Simondon)
- La manifeste Cyborg – Donna Haraway â©ïž
test

